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Parler de la mort à un enfant n’est jamais facile. Entre la peur de mal faire, la volonté de le protéger et la difficulté de gérer sa propre peine, beaucoup d’adultes se sentent démunis. Pourtant, un enfant confronté à la perte d’un proche a besoin d’explications sincères et adaptées à son âge pour comprendre ce qu’il vit et commencer son processus de deuil.

Au Funérarium Georges et Fils, à Malmédy, nous accompagnons souvent des familles dans cette situation délicate. Voici quelques repères et conseils pour aborder la mort avec un enfant, l’aider à exprimer ses émotions et le préparer à l’enterrement dans la sérénité.

Comprendre la vision de la mort chez l’enfant

Avant de parler de la mort à un enfant, il est important de savoir comment il la perçoit. Sa compréhension dépend beaucoup de son âge, de son vécu et de son environnement.

  • Avant 5 ans : l’enfant ne comprend pas encore le caractère irréversible de la mort. Il peut penser que la personne “revivra plus tard”.
  • Entre 6 et 9 ans : il commence à saisir que la mort est définitive, mais reste parfois persuadé qu’elle ne le concerne pas directement.
  • À partir de 10 ans : il comprend que la mort fait partie de la vie et qu’elle peut toucher tout le monde, y compris lui-même ou ses proches.

Connaître ces étapes aide à choisir les bons mots et à adapter la façon dont on explique le décès et l’enterrement.

Dire la vérité, avec des mots simples et sincères

Face à un décès, il est tentant de vouloir “protéger” l’enfant en adoucissant la réalité : dire que la personne “est partie”, “s’est endormie” ou “vit dans les étoiles”.
Mais ces expressions peuvent le troubler. Il pourrait, par exemple, craindre de s’endormir à son tour ou attendre le retour du défunt.

Il vaut mieux dire la vérité, simplement, avec des mots clairs :

“Papy est mort. Son cœur s’est arrêté de battre. Il ne reviendra pas, mais on va toujours penser à lui.”

Ces mots, même s’ils paraissent durs, permettent à l’enfant de comprendre la réalité et de poser des bases saines pour faire son deuil. Il ne faut pas hésiter à répéter plusieurs fois les explications, les enfants ont besoin de temps pour assimiler ce type d’information.

Accueillir les émotions de l’enfant sans les juger

Chaque enfant réagit différemment face à la mort : pleurs, silence, colère, rires nerveux, indifférence apparente… Toutes ces réactions sont normales.
Le plus important est de lui laisser le droit de ressentir et de lui montrer que toutes les émotions sont permises.

Si l’enfant pose des questions, répondez-lui avec honnêteté, sans chercher à tout expliquer. Parfois, un simple “je ne sais pas” suffit.
Et si vous êtes ému, ne cherchez pas à cacher vos larmes : montrer votre tristesse l’autorise à exprimer la sienne. Vous lui enseignez ainsi qu’on peut être triste, pleurer et parler de la mort sans en avoir honte.

Faut-il emmener un enfant à un enterrement ?

C’est une question que de nombreux parents se posent.
La réponse dépend de l’âge de l’enfant, de sa relation avec le défunt et de sa volonté.

En Belgique, rien n’interdit à un enfant d’assister à un enterrement. Au contraire, cela peut être une étape importante pour lui permettre de dire au revoir, de comprendre la réalité de la perte et de participer au rituel collectif du deuil.

Si vous décidez de l’y emmener :

  • Expliquez-lui à l’avance ce qui va se passer : le cercueil, les fleurs, les discours, les pleurs.

Par exemple : “Nous allons aller à l’église pour dire au revoir à Mamie. Le cercueil sera là, il contiendra son corps. Nous allons écouter de la musique et des paroles pour lui rendre hommage.”

  • Prévenez-le qu’il verra des adultes pleurer : cela l’aidera à ne pas être surpris ou effrayé.
  • Dites-lui qu’il n’est pas obligé de rester tout le temps : il peut sortir quelques minutes s’il en ressent le besoin.
  • Proposez-lui un petit rôle symbolique : déposer une fleur, un dessin, un mot sur le cercueil ou dans la tombe. Ces gestes l’aident à participer activement à l’hommage.

Si l’enfant ne souhaite pas venir :

Ne le forcez jamais. Il est possible d’organiser un moment de recueillement plus tard, à la maison ou au cimetière, pour lui permettre de dire au revoir à sa manière.

Au Funérarium Georges et Fils, nous voyons souvent combien un rituel simple et adapté peut apaiser les enfants. Ce n’est pas la forme du geste qui compte, mais sa sincérité.

Après l’enterrement : continuer à parler et à se souvenir

Le jour de l’enterrement ne marque pas la fin du deuil, surtout pour un enfant.
Les semaines qui suivent peuvent être déroutantes : il peut poser à nouveau les mêmes questions, exprimer sa tristesse ou au contraire sembler indifférent.

Continuez à parler librement du défunt.
Évoquez des souvenirs heureux, regardez des photos ensemble, relisez une carte ou un dessin qu’il avait offert. Ces moments partagés aident l’enfant à comprendre que la personne disparue continue d’exister dans sa mémoire et dans le cœur de ceux qui l’aiment.

Il peut aussi être utile de maintenir les repères du quotidien (école, amis, jeux) pour l’aider à se sentir en sécurité.
Si la peine semble trop lourde ou qu’il présente des signes de repli, n’hésitez pas à consulter un psychologue spécialisé dans le deuil de l’enfant.

 Le rôle du funérarium : un lieu d’écoute et de sérénité

Le funérarium est souvent le premier lieu où les enfants réalisent concrètement la mort d’un proche.
Chez Georges et Fils, nous accordons une attention particulière à ces moments : accueillir les familles avec douceur, expliquer le déroulement de la cérémonie, offrir un cadre paisible et respectueux.

Notre rôle ne se limite pas à l’organisation pratique de l’enterrement ; nous souhaitons aussi accompagner les familles dans leur démarche humaine.
Parler de la mort avec les enfants fait partie de cette mission : leur permettre de comprendre, de dire au revoir, et de commencer à guérir.

Parler, c’est aider à grandir

La mort fait partie de la vie, et en parler avec un enfant, c’est lui transmettre une leçon d’humanité : celle de l’amour, du respect et de la mémoire.
Avec des mots justes et des gestes simples, il est possible de transformer la douleur d’un enterrement en un moment de partage et d’apaisement.

Chaque famille, chaque enfant avance à son rythme. L’essentiel est de rester à l’écoute, de répondre avec sincérité, et de lui rappeler qu’il n’est jamais seul dans sa peine.

Le Funérarium Georges et Fils reste à vos côtés, avec bienveillance et discrétion, pour vous accompagner dans chaque étape du deuil, et offrir à chacun, un dernier adieu empreint de respect et de sérénité.